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Enseigner la morphologie dérivationnelle : un incontournable au secondaire

Par Nathalie Chapleau


Au secondaire, les élèves sont confrontés à des textes de plus en plus complexes : manuels disciplinaires, textes littéraires exigeants, consignes longues et vocabulaire abstrait. Or, pour plusieurs d’entre eux, le défi ne réside pas uniquement dans le décodage, mais surtout dans la compréhension fine des mots et dans la capacité à choisir des mots précis à l’écrit. C’est ici que l’enseignement de la morphologie dérivationnelle devient un allié incontournable.


Qu’est-ce que la morphologie dérivationnelle?


La morphologie dérivationnelle renvoie à la capacité de comprendre et de manipuler la structure interne des mots, notamment :

  • le mot de base (ex. : actif),

  • les préfixes (ex. : inactif),

  • les suffixes (ex. : activation, activité).


En développant ces connaissances, les élèves apprennent que les mots ne sont pas des unités isolées à mémoriser, mais qu’ils font partie de familles de mots liées par le sens.


Des effets positifs bien documentés


Un enseignement explicite et régulier de la morphologie dérivationnelle permet aux élèves de :

  • Développer leur vocabulaire, en inférant le sens de mots nouveaux à partir d’éléments connus;

  • Améliorer leur compréhension en lecture, notamment dans les textes informatifs et disciplinaires riches en mots abstraits;

  • Choisir des mots plus précis à l’écrit, en variant leur lexique et en évitant les formulations vagues;

  • Renforcer leur autonomie, car ils disposent de stratégies pour analyser les mots plutôt que de dépendre uniquement du dictionnaire.


Autrement dit, comprendre que prévisible, imprévisible et prévision partagent une base commune aide l’élève à construire le sens plus rapidement et plus solidement.


Deux activités simples et efficaces à intégrer en classe :

1. Les familles de mots en réseau

2. Le défi des mots inconnus

Objectif : développer la conscience des liens morphologiques et sémantiques.

Objectif : apprendre à inférer le sens d’un mot nouveau.

1. Choisissez un mot-clé en lien avec une lecture ou une notion disciplinaire (ex. : transmettre).

2. Demandez aux élèves de repérer ou de construire des mots de la même famille (transmission, transmissible, émetteur, transmettre).

3. Amenez-les à discuter du sens précis de chaque mot et du rôle des préfixes ou suffixes.

4. En prolongement, invitez-les à réutiliser certains de ces mots dans une phrase ou un court paragraphe.

1. Présentez un mot peu fréquent rencontré dans un texte (ex. : décontextualisation).

2. Sans donner la définition, guidez les élèves pour qu’ils :

- identifient le mot de base (contexte),

- repèrent les affixes (dé-, -tion),

- formulent une hypothèse de sens.

3. Comparez ensuite leurs propositions avec la définition réelle et discutez de l’efficacité de la stratégie.

Cette activité soutient à la fois la compréhension lexicale et la précision en écriture.

Les élèves prennent conscience qu’ils possèdent déjà des outils pour comprendre des mots complexes.

En conclusion


Enseigner la morphologie dérivationnelle au secondaire, ce n’est pas ajouter un contenu de plus : c’est outiller les élèves pour mieux lire, mieux comprendre et mieux écrire, dans toutes les disciplines. En rendant visibles les structures des mots et le sens des affixes, on favorise un vocabulaire plus riche, une compréhension plus fine et une écriture plus précise. Un petit pas dans l’enseignement de la morphologie dérivationnelle… pour un grand pas dans l’autonomie langagière des élèves.


Bon enseignement de la morphologie!



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© CAP MORPHO, projet de recherche dirigé par Nathalie Chapleau, UQAM

© 2019 Nathalie Chapleau

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