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L’analyse fine des erreurs pour enseigner la morphologie dérivationnelle

Par Nathalie Chapleau

 

Les productions des élèves sont une source inspirante pour la planification pédagogique. En effet, autant les manifestations à l’oral, en lecture qu’en écriture renseignent sur la progression des apprentissages de l’élève.


Conséquemment, prendre le temps d’observer l’élève lors de la réalisation des tâches puis de colliger, analyser et interpréter ses productions en fonction des traitements de la langue, orientent les interventions. 

Cet article propose d’observer une production d’un élève pour identifier des connaissances à privilégier dans notre enseignement : des connaissances en morphologie dérivationnelle.


 

Cette phrase produite lors d’une dictée, par Maxime âgé de 10 ans, démontre qu’il maitrise bien l’orthographe grammaticale associée à la morphologie flexionnelle. En effet, les accords sont effectués adéquatement. De toute évidence, Maxime a certaines connaissances, mais il effectue quelques erreurs associées à l’orthographe lexicale. Ainsi, les ateliers d’écriture auprès de cet élève devraient être orientés vers l’appropriation du traitement morphographique associée à la morphologie dérivationnelle. Ce traitement peut faciliter l’identification et la production de mots à l’écrit, car il permet d’effectuer une segmentation des mots construits et d’établir un lien de sens entre ces parties (Chapleau, 2023).

L’analyse fine des erreurs de la production de Maxime…


« grant »

La production du mot « grand » permet de noter que Maxime sait qu’il y a des consonnes latentes à la fin des mots. Dans cette production, il n’utilise pas le graphème attendu, selon la norme orthographique (grand). Donc, l’enseignement des connaissances relationnelles, soit les mots de la même famille, devrait permettre à l’élève de consolider cette connaissance et de constater son utilité.

 

« maisonète »

Ce mot entraine l’enseignement de deux connaissances associées à la morphologie dérivationnelle. D’une part, l’enseignement de la signification et de la représentation orthographique du suffixe « ette » permettrait à l’élève de produire avec précision cette partie de mot. D’autre part, certaines règles orthographiques sont en lien avec les constituantes morphologiques de mots. En effet, un mot qui se termine par le graphème « on » auquel un suffixe est ajouté doublera le graphème « n ». Ainsi, des activités de segmentation et de construction de mots puis de signification favoriseront le développement de ces connaissances.

 

« boiser »

Les suffixes permettent, parfois, de changer la catégorie lexicale d’un mot. Pour cette production, Maxime doit découvrir que l’orthographe du nom « boisé » se distingue de l’orthographe du verbe « boiser ». Des exercices liés à la catégorie grammaticale pourront faciliter la compréhension de cette particularité.


« chasseures »

Pour comprendre cette erreur orthographique, il serait pertinent d’effectuer un entretien métagraphique avec l’élève afin de l’amener à justifier sa production. En effet, l’élève a peut-être reproduit un « e » caduc qui est fréquent dans plusieurs mots de la langue française. Aussi, il a peut-être pensé que ce mot était mis au féminin. Dans ce cas, il serait pertinent de poursuivre l’enseignement des connaissances relationnelles.

 

En somme, les productions des élèves nous laissent des « traces » pertinentes pour découvrir leurs connaissances et leurs stratégies. Donc, prendre le temps de les étudier entraine la planification d'activités pédagogiques adaptées aux capacités des élèves.

 

Bon enseignement de la morphologie!



L'analyse fine des erreurs pour enseigner la morphologie
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© CAP MORPHO, projet de recherche dirigé par Nathalie Chapleau, UQAM

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